Le coworking vu par…

  • 29 janvier 2018

    Le coworking vu par…

    Par Elodie DALLONGEVILLE Responsable de l’offre Bureaulib

    Il est difficile de passer à côté du phénomène du coworking, tant ce nouveau type de lieu de travail se développe, crée par des opérateurs spécialisés, mais également des acteurs traditionnels de l’immobiliers. Orienté initialement vers le public des indépendants et des start-uppeurs, il gagne à présent les faveurs des PME, ainsi que celles des grands groupes qui y voient un symbole d’innovation.

    Le premier lieu de coworking, le C-Base, est né en 1995 à Berlin en regroupant une communauté informatique. Depuis, ces espaces connaissent un essor remarquable dans le monde. La France s’inscrit dans la même tendance : on y comptait 120 espaces de coworking en 2013, 400 en 2013 et ce sont à présent près de 600 espaces qui sont recensé en 2017.

    Le terme de coworking a été utilisé pour la première fois en 1999, par Bernie de Koven, un game designer américain. Il désignait alors une manière de travailler ensemble, d’égal à égal, en cassant les codes habituels du travail de hiérarchie qui sépare les personnes par le rang et le niveau de rémunération. Les premiers lieux de coworking qui se sont créés se sont éloignés de la définition originelle, pour proposer des environnements de travail dans lesquels il est possible de travailler seul, ensemble. C’est-à-dire qu’ils ont regroupé dans un même lieu un ensemble de personnes qui pouvaient travailler individuellement sur leur propre projet.

    L’ORIE , dans son étude « coworking et immobilier de bureaux en Ile-de-France » parue en juillet 2017, a retracé l’évolution des principaux acteurs du marché francilien : la première génération d’espace est issue de l’économie collaborative et numérique, alors que la deuxième génération a été développée par l’industrie immobilière. Dans le même temps, les clients de ces espaces sont passés de membres d’une communauté partageant des centres d’intérêts commun à des acteurs en recherche de flexibilité immobilière qui souhaitent se soustraire de la rigidité des baux 3/6/9. En effet, un des atouts que présente la location d’espace de coworking est la durée des contrats souscrits, qui est bien souvent à la carte, et permet un ajustement permanent en fonction de la croissance de l’entreprise.

    Le profil des coworkers révèle une offre orientée vers les indépendants et les start-ups, ou pour des entités complètes de grandes entreprises.

    L’infographie réalisée par BAP et publiée en octobre 2017 fait apparaître que les coworkers sont aujourd’hui encore principalement des indépendants, des start-ups, et des TPE, qui souhaite travailler dans un lieu vecteur de rencontres et de réseau, choisi en raison de sa localisation et du tarif attractif. Et si 20 % des espaces de coworking accueillent également des grands groupes, les salariés d’entreprises fréquentent encore peu ces derniers. En effet, lorsque les entreprises réservent des positions de travail dans des tiers-lieux, c’est souvent pour y installer des directions ou des entités entières. La démarche est donc empreinte d’une recherche de flexibilité sur la durée et le volume de la location, en conservant d’une certaine manière la logique traditionnelle de l’immobilier d’entreprise dans laquelle les salariés se rendent tous les jours sur leur même lieu de travail.

    A la marge, quelques entreprises permettent aux télétravailleurs de se rendre dans des espaces de coworking en alternative au télétravail à domicile. L’enquête de l’ANDRH réalisée en 2017 dans le cadre de la concertation sur le télétravail a relevé que pour seulement 13% des télétravailleurs, le télétravail peut être exercé dans des tiers-lieux financés par l’entreprise. Pourtant, le télétravail en tiers-lieu présente de nombreux avantages pour les salariés : réduction des temps de transport contribuant à l’amélioration de la qualité de vie, maintien de la séparation entre la vie professionnelle et la vie personnelle en travaillant à côté de chez soi, mais en dehors du domicile. L’entreprise a aussi à gagner en matière d’efficacité et de productivité en permettant à ses salariés de télétravailler dans des tiers-lieux, en sélectionnant des espaces qui disposent d’un environnement professionnel et qui fournissent des services adaptés à l’activité de ses salariés. Bien entendu, il n’existe pas de tiers-lieu idéal, et chaque entreprise peut tester plusieurs lieux, dans une démarche d’expérimentation, pour identifier les services qui doivent être délivrés pour répondre aux activités de ses collaborateurs, et aux éventuelles contraintes résultant des métiers exercés.

    C’est dans cette démarche d’accompagnement des entreprises que s’inscrit Génie des Lieux avec l’ouverture de Bureaulib Dupleix le premier tiers-lieu d’expérimentation du travail nomade. Un ensemble de services à l’activité et de services à l’occupants y sont proposés, et sont susceptibles d’évoluer en fonction des retours formulés par les Bureaulibers dans le cadre du protocole d’évaluation. Par ailleurs, Bureaulib conseil accompagne les entreprises en matière de services innovants en travail nomade, quel que soit leur niveau de maturité sur les sujets de télétravail, coworking et corpoworking (espace issu de la contraction de « corporate » et de coworking).].

    Le nomadisme devient un paramètre incontournable dans une définition globale des environnements et modes de travail

    Les entreprises ont effectivement un pas supplémentaire à faire, pour passer d’une logique d’effet de mode et de communication dans laquelle elles gagnent en flexibilité, à une logique de réflexion globale des environnements de travail. Le nomadisme conduit les salariés à travailler dans des lieux multiples : entreprises, tiers-lieu, domicile, lieux publics… Les organisations pensent les environnements de travail dans leurs locaux, et éventuellement au domicile des salariés dans le cadre des accords portant sur le télétravail. En intégrant dans leurs réflexions le travail des salariés dans des tiers lieux, en équipe projet ou en alternative au télétravail, elles proposent des environnements de travail protéiforme, adaptés à la multiplicité des lieux de travail de leurs salariés. Et finalement, elles mettent ainsi à la disposition de leurs salariés des services en environnements de travail, qui sont peuvent être consommés « à l’usage », en fonction des activités réalisés.

    Lorsque les entreprises envisagent les environnements et modes de travail comme un service à destination de leur salarié, les coûts de possession de l’immobilier peuvent être considérés de manière globale, en intégrant les gains issus de l’optimisation des surfaces occupées dans les locaux de l’entreprise, et en prenant en compte les coûts résultant les réservations dans des tiers-lieux. La pluralité des environnements de travail devient alors un élément de la performance collective, et donc de la création de valeur de l’entreprise.

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